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Mirko Drazen GRMEK

MGrmekCroate de naissance, Français d'adoption, Européen de cœur, historien des sciences biomédicales internationalement reconnu et doté d'une érudition dépassant largement le champ de sa discipline, Mirko Dražen Grmek aura prouvé que l'on pouvait encore, dans la seconde moitié du XXe siècle, être à la fois un homme de la Renaissance, un humaniste éclairé et lucide, et un intellectuel engagé.

Saisir l'ampleur de cette grande figure de la pensée occidentale n'est pas aisé, tant sescompétences – scientifiques, médicales, historiques, littéraires, philologiques –témoignent d'une ampleur de vue hors du commun. Et c'est avec une même passion de la connaissance et de l'exactitude historique qu'il s'est lancé à l'assaut de l'interprétation des textes médicaux anciens et confronté à l'incompréhension occidentale, au moment de l'agression de sa patrie de naissance par la JNA, en 1991. Qu'il s'agisse de ses travaux medico‐historiques ou de ses travaux historiques et de ses engagements dans l'actualité, c'est toujours avec la même méthode rigoureuse et profonde qu'il a tenté d'éclairer ses contemporains, sans toujours y parvenir tant la puissance des croyances et des préjugés dogmatiques est solide. A ce titre, ses travaux font date et constituent une référence incontournable pour la compréhension de nombreuses questions scientifiques, historiques et médicales de notre temps.
Dans une bibliographie medico‐historique et historique impressionnante, qui rassemble plus de mille entrées (voir M.D. Grmek, La vie, les maladies et l'histoire, Paris, Seuil, 2001), on retiendra particulièrement Les maladies à l'aube de la civilisation  (Paris, Payot, 1983), son Histoire du sida (Paris, Payot, 1989), les trois volumes publiés au Seuil sous sa direction, Histoire de la pensée médicale en Occident (vol. 1, 1995 ; vol. 2,
1997 et vol. 3, 1998). Si Grmek fut essentiellement un historien des maladies et des sciences biomédicales, il contribua aussi à éclairer l'histoire européenne du XXe siècle par deux ouvrages liés à l'espace ex‐yougoslave : Le nettoyage ethnique, documents historiques sur une idéologie serbe (avec Marc Gjidara et Neven Simac, Paris, Fayard, 1993), et Les Révoltés de Villefranche (avec Louise L. Lambrichs, Paris, Seuil, 1998). Conceptuellement, on lui doit deux créations : le concept de pathocénose, permettant d'éclairer de façon nouvelle l'histoire des maladies, et le concept de mémoricide, éclairant un aspect particulier de la politique génocidaire menée par le régime de Milosevic en ex‐Yougoslavie entre 1991 et 1995.
Le concept de pathocénose a déjà donné lieu à trois colloques scientifiques (à Caen, Genève et Dubrovnik) et mobilise une petite équipe de scientifiques et de médecins au travail, pour tenter de le faire passer plus largement dans le monde anglo‐saxon ; les premiers colloques donneront lieu, prochainement, à une publication scientifique sous la direction de Joël Coste (EPHE), Bernardino Fantini (Institut d'Histoire de la Médecine et de la Santé, Genève), et Louise L. Lambrichs (Paris).
Quant à la question du mémoricide et de la politique génocidaire désormais avérée en ex‐Yougoslavie, et du caractère répétitif de ce style de politique dans cet espace européen, pourtant mis en évidence et publié (voir L. L. Lambrichs, Nous ne verrons jamais Vukovar, Paris, Philippe Rey, 2005), son éclairage rigoureux et clinique continue, vingt ans après le début de la guerre et l'agression de la Croatie par la JNA, de rencontrer en Occident des résistances profondes.
Durant les quelques mois qui ont précédé sa mort, le 6 mars 2000, Mirko Grmek – qui fut pendant la guerre le premier Président de l'AMCA – s'était mobilisé pour tenter de créer un Centre culturel franco‐croate, manifestant par là son désir de réconcilier sa patrie de naissance et sa patrie d'adoption.
On trouvera les textes qu'il a écrits pendant la guerre, et destinés à éclairer l'opinion, dans M. D. Grmek, La guerre comme maladie sociale etautres textes politiques, Paris, Seuil, 2001.

Louise L. Lambrichs, Paris, octobre 2011

 

 

 

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