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De Pharos à Hvar, des Grecs aux Croates

Conférence de Mr Tonko MAROEVIC 

 (savoir +: Tonko Maroevic)

croatie drapeaupetit l'article en croate

Saviez-vous que Stari Grad sur l’île de Hvar fut fondée il y a exactement 2 400 ans ? Probablement que non, sauf si vous êtes d’origine de Hvar ou bien passionné de l’histoire et de l’archéologie.

 

Une conférence sur ce thème a été donnée par le professeur Tonko Maroević à l’Ambassade croate de Paris le 7 avril. Nous avons écouté comment Faros (aujourd’hui Stari Grad) a été fondée par les colonisateurs grecs venant de l’île de Paros dans la mer Egée, en 384 avant Jésus-Christ. Le célèbre historien d’art croate, le poète, l’écrivain ainsi que le membre de l’Académie croate des sciences et des arts était de passage à Paris après avoir accompagné une délégation de personnalités de Hvar à Bruxelles.

En effet, l’héritage culturel de leur île a été présenté dans le Parlement européen.

2400 ans. Une continuité que peu de villes méditerranéennes peuvent égaler.

Et une autre preuve que vivre là-bas était bien possible. Car de quoi sont tombés amoureux les si pragmatiques grecs sachant que cette île est à trois jours de rame de Paros ? Tout d’abord, ils y ont trouvé un port protégé et profond pour ancrer leurs trirèmes. Ensuite, des champs fertiles pour la vigne, les oliviers et le blé. Et, finalement, il y avait de nombreuses sources d’eau. Mais au-delà de ceci, les grecs y ont apporté des biens immatériels : l’art de lire et écrire (en témoignent de nombreuses pierres avec inscriptions grecques) et leur sens de la mesure. En effet, les fondateurs de Faros se considéraient des pythagoriciens, disciples du mathématicien Pythagore. Ce sont eux qui ont dessiné le plan des ruelles et des champs, qui ont introduit l’ordre et la logique parmi la population illyrique. Ainsi, ce magnifique paysage quadrillé par les murs secs, particulièrement bien visibles sur les photos aériennes, a été reconnu par l’UNESCO en 2008 et inscrit sur sa Liste du patrimoine mondial. Les champs de Starigrad représentent le traditionnel paysage dalmate où les mêmes cultures sont cultivées depuis 2 400 ans.
starigradAinsi, Hvar est devenue une colonie grecque, ultima pars Gretiae, donnant une nouvelle vie aux bords du monde hellénistique.
L’histoire de Faros s’est construite par couches successives. Sur la première couche illyrique est venue se greffer la couche grecque, ensuite est arrivée la culture romaine et Faros est devenu Faria. Plus tard, la culture romaine est remplacée par le christianisme qui, encore aujourd’hui, fait partie intégrante de l’identité des habitants. Les noms antiques de Faros et Faria sont ensuite slavisés et deviennent Huarra. Finalement, une fois l’île tombée sous l’autorité de la République Sérénissime, le siège de l’évêché se déplace vers la nouvelle ville de Hvar. Avec l’évêché, le nom change aussi. L’ancienne capitale est d’abord rebaptisée Stari Hvar, puis Stari Grad.
Néanmoins, l’aristocratie de l’île continue à aller se reposer à la campagne de Stari Grad.

Tvrdalj, la villa rustique du poète Hektorović, est la maison d’une rare élégance. On y vient pour admirer la piscine avec des muges qui y nagent avec grâce et le parc qui est une invitation à la vie calme. Cette villa représente une des plus belles édifications de la Renaissance en Dalmatie.
Au fil des siècles, l’île gardera son indépendance économique grâce à la viticulture, le commerce maritime et le commerce en général. Le bord de mer tel que nous le connaissons aujourd’hui sera figé au 19e siècle par les efforts de ses riches citoyens, commerçants et capitaines de bateaux. C’était d’ailleurs l’époque de prospérité. Malheureusement, après l’apparition du mildiou dans les vignes, la disparition des voiliers et de nombreuses guerres, la population insulaire commence à s’exiler. Cette tendance a été arrêtée à la fin du 20e siècle, grâce au développement du tourisme, de l’agriculture et de la pêche.
Quant à la célébration à Bruxelles, notons aussi que d’autres aspects de la culture de Hvar y ont été présentés, tous déjà sur la Liste de l’UNESCO. Tout d’abord, il s’agit de la procession du Chemin de Croix - "Za križen".

Ce Stabat mater du 15e siècle qui chante la souffrance du Christ est si puissant que les chanteurs de Hvar ont littéralement fait le tour du monde pour le présenter. D’ailleurs, en 2000, les parisiens ont eu l’occasion de l’écouter à l’église St Elisabeth. En outre, la dentelle des fils d’agave, le chant polyphonique et la cuisine croate méditerranéenne ont été présentés.

 

L’académicien Maroević n’est pas un conférencier qui donne des leçons. Il raconte seulement. Son amour pour la civilisation méditerranéenne est contagieuse et son savoir encyclopédique. Pendant cette belle soirée de printemps, il nous a rappelé que la Croatie est effectivement un tout petit pays, mais un pays avec pédigrée. Culturellement et historiquement parlant, notre pays est si riche et si ancien qu’il n’y a aucune raison de ne pas en être fier.

 

Maja Cioni 
   
   

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